Esthétique : «Il faut apprendre à qualifier, à rendre positifs des lieu considérés a priori comme négatifs. Il faut apprendre à révéler la beauté cachée. Il faut qu’évoluent certaines idées reçues du ‘bon goût’. L’esthétique de la nébuleuse est, par nature, conflictuelle, contrastée, brute, abrupte. Les esthétiques et les phénomènes sociaux liés aux phénomènes musicaux - le rock, le rap -, ou esthétiques - le tag - dessinent des territoires esthétiques et révèlent des attitudes et des thèmes : la rébellion, liée au rock, la revendication morale et dénonciatrice, liée au rap. Cette relation d’une esthétique à un territoire est devenue la marque affirmée d’une identité de la banlieue revendiquant la marginalité qu’elle subit, réclamant la reconnaissance qu’on lui refuse. L’esthétique est devenue un problème de dignité. L’esthétique se veut un territoire de reconnaissance et de respect.»
Jean Nouvel

Un exemple illustre assez bien cette territorialisation des attitudes qui peut donner lieu à des esthétiques : à un moment, on a vu apparaître des video clips de rap et des scènes de film qui étaient tournées sur des toits d’immeubles. Les mêmes ingrédients étaient toujours au rendez-vous : ambiance canapés destroy, survêtements à capuche, ghetto blaster, activités parallèles... Bien entendu, cette esthétique a été immédiatement récupérée par la publicité, qui y a décelé des images de liberté. Une affiche pour France Télécom montrait une bande de jeune, sur un sofa, probablement sur le toit de la Maison de la Radio, avec les tours de Beaugrenelle en arrière-plan.