“ On a l’âme, y faut inventer l’histoire qui donnera vie au corps.”
Diogène a voulu définir ce que pourrait être une communauté humaine qui obéirait bien concrètement à une norme : la soumission à la nature. Probablement que dans son esprit il ne s’agissait pas d’une utopie, mais d’une démarche que l’homme pourrait envisager s’il acceptait de prendre pour référence son corps animal.
L’esprit pionnier de l’homme pour s’implanter dans la nature relève de deux grandes tentations : le rêve communautaire et l’individualisme anarchisant. La première tendance - le communautarisme - ne peut fonctionner qu’à une échelle restreinte, au cercle familial, ou à une structure associative et amicale, et privilégie l’homogénéisation à l’individu. La seconde tendance d’individualisme anarchique est donc à privilégier. Il s’agirait de favoriser l’implantation d’une société hétéroclite dense mais divisée, favorisant le rapport individuel avec le paysage. Un chaos commun fabriqué par chacun, une vie anarchique dans un commun milieu. C’est ce milieu qui créé la cohérence et la communauté. Une communauté de proximité géographique, de voisinage. Si l’on prend l’exemple d’un groupe de pénichiers, on peut parler d’une communauté dans la façon de vivre, d’habiter la nature, de voisiner un milieu – de partager un même rapport de force ou d’entente avec la nature.