Panique : Quand il n’y aura plus de poisson, plus de pétrole,et plus d’abeille, et qu’on sera près d’une centaine de milliards mais sans le savoir avec plus de précision, quand le Brésil ne sera plus assez grand pour l’Inde, mais qu’on ne saura plus vraiment non plus ce que c’est exactement, l’Inde, alors on va commencer à paniquer pour de bon.
Ne parlons pas d’une panique du type « mouvement de foule incontrôlé», hurlements et hystérie collective telle que nous la vivons aujourd’hui, et qui répond pour l'heure en réalité plutôt au nom de frustration. Non. Nous évoquons la panique sans retour. Une panique implacable qui aura infiltré même les plus nihilistes d’entre nous (et quand je dis nous, c'est une façon de parler). Une panique atterrante à laquelle la seule réponse sera : une société de fer. Une bonne hiérarchie totalitaire dont tous les ismes n’auront été que la pâle répétition, et que nous allons devoir nous résigner à réclamer : car il le faudra bien.
A vouloir s’affranchir de la sélection naturelle, on a fait une cordée dont personne ne réchappera,diront-ils. Et pour le coup, ça fera longtemps qu’on n’aura plus rien à leur répondre, cette fois.
Le problème avec le caractère exponentiel de notre démographie et du saccage qui s’engendre, c’est qu’on ne va plus rien voir venir ; comme une fourmilière, pourvue d’une intelligence plus collective qu’individuelle, et surtout beaucoup plus bestiale.